dimanche 27 juillet 2014

LA HORDE (17)

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(retour au début : LA HORDE page 1)

LA HORDE - 2eme partie :
"MAÎTRE DU MONDE"
Texte et dessins de Mandryka


"La connaissance des mots
conduit à la connaissance des choses".
(Platon)


- "Il commence à me faire chier celui-là
avec ses conneries
à la mord-moi-le noeud..."


- "Non mais c'est vrai quoi !?
Qu'est-ce qu'il se croit à la fin ?!
Il se prend pour Dieu, ma parole !"


- "Maître du Monde, tu parles !
Un polichinelle minable qui se déguise
en Fantôme du Bengale !

Tout JACQUES BOYAU qu'il est,
il ne me FAIT PAS PEUR !"


 Telles étaient mes pensées alors que je pénétrais
pour la seconde fois dans le royaume interdit
 du BANDAR FOU...

 

J'étais attendu. Le garde m'ouvrit la barrière
et je m'avançais sur l'allée centrale
bordée de sphynxs à tête de mickeys 
 qui menait à la pyramide.


Là, je pris l'ascenseur,
direction : septième étage...


La grande salle était vide.
Je n'entendais que mon pas résonner sur les dalles.


Lorsque le bruit d'une conversation très animée
parvint à mes oreilles...

- "Et si ça me plaît à moi de porter cette coiffure ?" 

- "Peut-être, mais elle ne vous appartient pas !

Ne voyez-vous pas, femme obstinée,
que la confusion qui règne en ces lieux
vient de votre acte sacrilège ?"


 - "Rendez-la, je vous en conjure,
à son légitime propriétaire,
ou craignez la vengeance de Khnoum...
Où que vous soyez, il vous retrouvera." 

- "Et alors ?!"


- "Et alors ?... Ça risque de vous rendre très malade."

- "Et puis après ? Que voulez-vous que ça me fasse ?
Ce ne sont pas les médecins qui manquent
et puis de toutes façons
c'est remboursé par la Sécurité Sociale !"


- "Nous ne manquons pas de médecins, il est vrai !
Ce dont nous manquons par contre, c'est de médecine !
Quant à la Sécurité Sociale... 
Au départ ça semblait être une bonne idée... 
Mais au vu des résultats...
On peut s'interroger."

- "Taisez-vous ! Vous n'êtes qu'un réactionnaire !"


- "La santé pour tous, c'était séduisant...
Mais la méthode employée
consiste en fin de compte
à payer celui qui tombe malade.

Et produit exactement le résultat inverse :
Tout le monde est malade !"

- "Vous avez le goût du paradoxe ! On paye pour se soigner !"

- "C'est la même chose : Êtes-vous malade ?
Ça ne fait rien. On vous prend en charge !
Alors, pourquoi se priver de ce plaisir ?
Résultat : 15 milliards de déficit.

Note : Quand je pense que j'ai écrit ça en 1973, j'en reste coi  ! 

Force est de constater qu'au bout de 40 ans, 
la conjoncture ne s'est guère améliorée. 

Au contraire et plus que jamais, 
c'est le M.P.L.M.D.L.N.D.S. qui tient le haut du pavé.
Le M.P.L.M.D.L.N.D.S. (*)

(*) : Mouvement Pour Le Maintien De La Non-Différence Sexuelle,
qui a promulgué récemment la loi sur "Le-Mariage-Pour-Tous".

Décidément, on vit dans un monde de dingues !
Et je comprends pourquoi Rimbaud s'est barré. 

Comme quoi : "Plus ça change et plus c'est la même chose".

Et, comme on dit en Tchougounie : "Tout ce qui se passe me dépasse". 
(Proverbe Tchougoune).


Les amibes non plus ne connaissent pas la différence sexuelle.
Elles sont immortelles d'accord,
mais elles ne baisent pas.

Elles ne parlent pas non plus.

Pas de parole, pas de jouissance.


- "Si vous êtes malade, la question que vous vous posez n'est plus :
"Quelle erreur ai-je fait pour en arriver là ?",
mais...
 
- "Est-ce remboursé par la Sécurité Sociale ?". 
Oui, je sais. Je connais votre chanson par coeur..."



- "Mais évidemment vous n'en voulez rien savoir..."

- "Vous me donnez mal la tête !"



- "Prenez garde !
C'est peut-être un avertissement
qui vous est signifié par Khnoum..."



- "Zut ! Un cul de sac !"


- "Tiens ! Mais c'est ce cher Jean-Jacques Cucul !
Alors ? Que devenez-vous ? "

- "OFH... Pas grand chose !"


- "Où en êtes-vous dans votre enquête ?
Avez-vous trouvé quelque chose ?"

- "Heu..."


- "Je n'ai pas eu le temps d'aller jusqu'à Eléphantine !
Et un voyage en Egypte, vu l'état de mes finances,
et le prix d'un billet d'avion..."

- "Et qui vous parle d'y aller en avion ? Êtes-vous si occupé
que vous ne pouvez trouver le temps de
consulter un dictionnaire ? Une lecture du Petit Robert
vaut tous les voyages du monde..."




- "On peut aller très loin avec un dictionnaire,
en prenant les mots à la racine !
Connaissez-vous par exemple l'étymologie de "Délire" ?

Ça vient du latin : "de lira" (hors du sillon).

Or le sillon étant une fente,
on peut dire que "pas-niquer", c'est délirant."




ELEPHANTINE :

Nom grec, de l'égyptien :
YEB, "La ville des éléphants".
Aujourd'hui, JAZÎRAT ASWÂN.

* Île du Nil, en Haute Egypte, en face d'ASWÂN.
Porte du Nil et marché  de la Nubie
dans l'ancienne Egypte
(d'où son nom d'ELEPHANTINE,
sans doute à cause de l'ivoire nubien).

* L'île était toute proche du gouffre
où selon les croyances,
le Nil prenait sa source.
Elle  était donc consacrée à KHNOUM,
Dieu de la cataracte.

* On a retrouvé au début du XXeme siècle de nombreux papyrus
en araméen, provenant de la colonie juive
qui s'était installée dans l'île au Vème siècle av. J.-C.

* in : Le Petit Robert "2


- "KHNOUM ?..."


- "Khnoum ?
Voyons ce qu'on en dit à "Khnoum..."


KHNOUM :

Dieu Egyptien, figuré sous l'aspect
d'un homme à tête de bélier
à double encornure.

* Divinité très ancienne, il était, dans les mythologies d'Esna,
le Dieu Créateur qui avait façonné les êtres sur un tour de potier,
et transmis le mouvement de son instrument
à tous les êtres féminins.

* À Elephantine, Khnoum (le maître de l'eau fraîche) était adoré
comme Dieu des cataractes et puissance créatrice,
gardien des sources du Nil.

* Il devint plus tard Dieu-Soleil, sous la forme de Khnoum-Rê.



- " ? ? ? ? ? "


- "Alors ? Q'en dîtes-vous ? Etonnant, n'est-ce pas? 
Et "Fantôme", savez-vous ce qu'en dit le Petit Robert ?
Ça viendrait du mot grec : Phantasma ( = vision )
qui donne aussi "Fantasme" ( = illusion, fantôme, hallucination ) :
"Toute production de l'imagination par laquelle
le Moi cherche à échapper à l'emprise de la réalité".

- "Mais alors ?... Vous... Moi... Nous..."


- "Nous ne sommes que les produits de l'imagination
d'un dessinateur
qui espère grâce à nous échapper
à l'emprise de la réalité..."

- "Ben ça !..."


- "Mais alors, quand il nous dessine, il délire...
Et nous, tout ce qu'on fait
dans cette histoire, c'est de suivre son délire ?...

Mais... Mais comment en sortir ?"

- "En trouvant de quoi nous sommes les fantasmes !"

La suite : (suite page 18)





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